Le charbon


Lundi 30 juillet 2007

Ce combustible est si rare en France et si peu utilisé qu’on n’en parle presque pas. Ce n’est pas le cas ailleurs. Les 2100 centrales électriques existantes au monde alimentées au charbon représentent un tiers du CO2 émis par l’activité humaine. Aux Etats-Unis elles génèrent 30% des gaz à effet de serre et en Chine (qui émet maintenant autant de gaz à effets de serre que les Etats-Unis) c’est 80% des émissions.

Serait-il possible d’éviter cette pollution et quel en serait le coût ? Un article excellent de la revue américaine Science* examine cette question.

Première solution : 
Construire des centrales dont les cheminées émettent essentiellement du CO2 que l’on pourra séquestrer directement dans le sol. On peut obtenir ce résultat par gazéification du charbon ou par combustion de celui-ci dans un courant d’oxygène pur.

Très peu de centrales à gazéification existent, aucune ne séquestre le CO2 émis. Si ce modèle est celui qui doit être retenu pour l’avenir, on n’a pas encore une idée précise du supplément de coût qu’il représente par rapport au modèle classique (notamment en y incluant la séquestration du CO2).

La combustion du charbon par un flux d’oxygène pur est un système qui pourrait être adapté aux centrales classiques mais il pose un problème technique (il nécessite de changer fréquemment des éléments de la chaudière maintenus dans un milieu oxydant très agressif) et son coût représente un supplément de 44% par rapport à une centrale classique.
Deuxième solution : 
Récupérer les gaz émis par les centrales à fonctionnement classique ; extraire de ces gaz le CO2 et le séquestrer dans le sol. Ceci permettrait de réadapter toutes les centrale existantes à un fonctionnement non polluant.

La technique industrielle la plus courante pour capter le CO2 utilise une molécule : la monoéthanolamine (MEA). Celle-ci se lie au CO2 et l’on peut ainsi l’extraire du mélange de gaz de combustion. Il faut ensuite séparer, par chauffage, le MEA du CO2 et injecter ce dernier dans le sol à l’aide d’un compresseur. Ces deux dernières opérations sont coûteuses en énergie.

Le coût de ces modifications entraînerait ainsi une augmenterait de 36% (sinon plus) la note du courant électrique fourni aux usagers. Comment faire accepter de telles factures aux consommateurs ?

Ne pas avoir du charbon dans notre sous-sol n’est peut-être pas si désespérant que l’on pourrait croire !

*Science 03 Juillet 2007 pp 184-186.



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