Alcool ou électricité ?


Lundi 29 juin 2009

Pour économiser le pétrole et ne pas augmenter les émissions de gaz à effets de serre les Etats céréaliers transforment une partie de leurs surplus de céréales en alcool. Ainsi aux Etats-Unis, 30% de la production de maïs est transformée en alcool que l’on additionne aux carburants issus du pétrole. Cet usage est critiqué car il est énergiquement peu efficace (un tiers de l’énergie contenue dans l’amidon est perdue), on détourne aussi de la nourriture au profit de la fabrication de carburants, des engrais enfin sont utilisés pour une production non vivrière.

L’idée est donc d’abandonner la fermentation de l’amidon issu des céréales et de le remplacer par un alcool qui proviendrait de la fermentation des ligno-celluloses provenant de la biomasse végétale (résidus de forêts et de cultures, plantes herbacées pérennes etc.).

Des chercheurs américains* se sont penchés sur l’efficacité énergétique de cette future filière. Ils constatent :
          - que les moteurs thermiques (celui des voitures notamment) qui vont utiliser cet alcool ont un faible rendement (moins de 20% de l’énergie du carburant est transformée en travail par ces moteurs),
          - que la fabrication de l’alcool par fermentation des ligno-celluloses, qui sont des hétéro-polymères complexes dont 70 % de leur masse seule représente de l’énergie chimique et dont la fermentation va faire perdre encore 27% de cette énergie, a aussi un rendement peu efficace. En définitive, ils considèrent que la meilleure alternative est de brûler cette biomasse végétale dans des centrales électrique et de produire de l’électricité pour alimenter les batteries des véhicules électriques. Cette voie aura, selon leurs calculs, une meilleure efficacité énergétique que celle qui est envisagée en passant par la fabrication d’alcool.

Rappelons que pour fabriquer leurs sucres par photosynthèse, les végétaux utilisent du dioxyde de carbone (CO2) et que la combustion de ces sucres libère une quantité égale de CO2. Le bilan est en définitive nul pour l’émission de gaz à effets de serre (ce qui est pris est rendu).

* J. Ohirogge et al . Science N°5930, p.1019-1020, 22/05/2009.



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