Plaidoyer pour l'agriculture "raisonnée"


Lundi 6 juillet 2009

Sur le stand fruits et légumes d’un super marché, je regardais l’autre jour, au fond d’un emballage à moitié vide de ses fruits, une minuscule étiquette : « produit issu de l’agriculture raisonnée » ; plus loin, un étalage entièrement dédié à l’agriculture biologique, avec sa banderole publicitaire sur laquelle figurait, en grosses lettres : « produits bios », contrastait par son insolence. D’un coté donc un système de production osant à peine se déclarer, de l’autre un système de production en pleine euphorie ayant le fort soutien des médias, des écologistes et souvent par ignorance la préférence des consommateurs.

Il faut dénoncer d’abord quelques idées reçues concernant l’agriculture bio. Elle est un peu le retour à l’agriculture empirique qu’ont connu nos grands parents. En ces temps là il n’y avait pas d’engrais, les fumures se limitaient au fumier de la ferme (lorsque celle-ci possédait des animaux). Les traitements antiparasitaires, qui commençaient à se révéler indispensables, utilisaient des éléments chimiques simples : cuivre, soufre ; des produits de la panoplie des désinfectants ménagers : savon, eau de javel ; des extraits de végétaux : nicotine. Les rendements étaient faibles et quelquefois nuls. Faut-il rappeler les famines qui ont ravagé certains pays d’Europe au moment de l’épidémie de mildiou de la pomme de terre. Les produits de la terre étaient-ils alors plus sains ? Pas toujours, car contaminés par certains champignons, ils pouvaient-être toxiques. Etaient-ils meilleurs ? Oui sans doute car, du fait de leur croissance lente, plus riches en matière sèche ; mais ils étaient plus souvent véreux et de mauvaise conservation. Tous ces problèmes, les producteurs bios les retrouvent ; ils doivent abandonner ainsi certaines cultures trop fragiles et leurs rendements sont souvent très faibles. Une telle agriculture est coûteuse et ne peut nourrir beaucoup de monde. C’est une agriculture de pays riches.

A cette agriculture d’autrefois, les médias opposent (voir notamment le documentaire « home ») une agriculture industrielle : celle où l’élevage est conduit en batteries de plusieurs milliers de bêtes, où la récolte des céréales met en jeu d’énormes moissonneuses batteuses travaillant en ligne sur des exploitations gigantesques, où les serres dans lesquelles se cultivent des légumes couvrent des régions entières. Là, en effet, la démesure est à son paroxysme : démesure dans l’utilisation des engrais, des produits anti parasitaires, de l’eau. Cette agriculture industrielle polluante exploite les connaissances scientifiques dans le seul but d’obtenir en masse un produit homogène qui satisfait les centrales d’achat des grandes surfaces ou les industries de transformation. C’est une agriculture de profit. Il faut dire qu’à sa décharge, elle permet au consommateur d’acheter des produits bon marché, elle a aussi contribué à réduire la faim dans le monde.

Il existe une troisième voie « l’agriculture raisonnée ». Qui a inventé ce concept ? Il est vrai qu’il s’impose à celui qui veut nourrir le monde mais aussi préserver l’environnement.
En quoi consiste t-il ? Il s’agit de produire en utilisant le maximum de connaissances scientifiques pour éviter les erreurs, ne pas gaspiller les intrants, éviter les pollutions et préserver l’environnement. Celui qui fait de l’agriculture raisonnée, utilise les engrais minéraux car le système racinaire d’une plante n’absorbe pour sa nutrition que des sels en solution dans l’eau. Mais ces engrais seront apportés au bon moment, quand la demande de la plante est forte, en tenant compte de ses besoins pour éviter les pertes polluantes. Il utilise aussi des pesticides modernes qui sont souvent plus efficaces et à faible persistance sur la plante et dans le sol. Il traitera les premiers foyers du parasite avant qu’il ne se développe en épidémie. Il utilisera les prédateurs du parasite lorsque cela est possible et surtout il se servira des variétés résistantes obtenues par les chercheurs. Il prendra soin de la terre qui lui a été confiée en lui gardant sa fertilité, en la protégeant de l’érosion, en y maintenant des espaces où la vie naturelle peut se maintenir.

Il faudrait aussi établir une charte de cette agriculture et, comme il se fait  pour l’agriculture bio, la soumettre à des contrôles.



Les questions environnementales vous intéressent-elles ? Vous pouvez enrichir vos connaissances et acquérir une vision globale de ces problèmes en lisant mon dernier livre : « Environnement, l’Hypothèque Démographique ».



4 commentaires:

pyfux@free.fr a dit…

La Bio c'est la protection de la Terre, pas la protection du consommateur !

Etablir une Chartre de l'agriculture raisonnée, mort de rire! C'est le début du commencement, pourquoi ça n'existe pas d'après toi?
Ceux qui ont inventé ce concept ne sont que des tricheurs qui refusent la Bio!

l'agriculture raisonnée c'est comme le Capitalisme raisonnée? mort de rire.

L'écologiste septique a dit…

"La protection de la Terre"... ce poncif d'adolescent est resservi sans arrêt dans cette nouvelle religion qu'est l'ecologisme...
La terre n'a besoin de personne pour se protéger. la terre n'est pas en danger, elle a traversé des cataclismes bien plus importants que ce que les "Grands Prêtres" de la Protection de la Terre nous prévoient.
Si quelque chose est en danger, et dont il faut nous soucier, c'est de l'avenir de l'Humanité sur cette planête; car dans 100 000 ans, la Terre existera toujours, la vie existera toujours. Certes elle ne sera pas à l'image de ce qu'elle est, de ce qu'elle a été. La question est qu'elle y sera la place de l'Humanité ?

matouta a dit…

si l'agriculture moderne était néfaste pour la santé alors pouquoi y a t-il autant de peronnes agées encore en vie ? l'agriculture bio est une grande escroquerie moderne pour profiter des subventions des pouvoirs publics !! Il est plus que temps d'arréter ce cinéma du bio car le bio va conduire d'une part à des prix de vente de plus en plus chers et d'autre part à la famine surtout dans des pays où règne ouvent la famine !!

alcodu a dit…

Quand je lis : "le bio c'est la protection de la Terre, pas la protection du consommateur" cela me conforte dans l'idée que l'écologie est un mouvement profondément anti-humaniste.
C'est vraiment la haine de l'Homme qui ressort de ce message. La deep ecology c'est l'éradication des humains pour sauver la Terre (avec un T majuscule), considérée comme un être vivant. C'est un fascisme de plus, il ne faut pas se le cacher.

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