Les cornes du rhinocéros


mercredi 5 juin 2013

Vous savez sans doute que le rhinocéros est une espèce menacée d’extinction du fait que les cornes de ce mammifère sont recherchées pour leurs propriétés pharmaceutiques et aphrodisiaques dans certains pays asiatiques et que, si la chasse en est interdite, le braconnage est très actif. Un article paru dans la revue Science* apporte de nombreuses précisions sur ce sujet, vous aimerez, j’en suis sur, en savoir davantage.

Il existe deux espèces de rhinocéros : Le rhinocéros noir (éliminé de l’Afrique occidentale, il n’en subsiste que 5000 individus en Afrique du Sud et Namibie), et le rhinocéros blanc (80% des 20 000 individus restants sont en Afrique du Sud). Ces deux espèces considérées comme en danger d’extinction et de ce fait protégées font en réalité l’objet d’un braconnage intense qui a brutalement augmenté depuis 2008. Ainsi en 2008 : 83 rhinocéros ont été abattus, mais : 668 en 2012. Cette augmentation tiendrait au fait que le niveau de vie s’étant accru dans les pays demandeurs de produits à base de cornes de rhinocéros, les possibilités d’achat sont plus grandes. Les auteurs de l’article pensent que si la demande continue de croître, il n’y aura plus de rhinocéros en Afrique dans 20 ans.

La chasse étant interdite, on ne trouve plus sur le marché que les cornes provenant du braconnage. La demande étant forte, le prix du kilo de corne de rhinocéros a atteint des sommes astronomiques : 4700 $ en 1993, 65 000 $ en en 2012. C’est plus cher que l’or, le diamant ou la cocaïne ajoutent les auteurs de l’article. Cela ne peut qu’encourager le braconnage.

De quoi est faite une corne de rhinocéros : de kératine ; c'est-à-dire d’une protéine fibreuse inerte comme nos cheveux ou nos ongles. Les propriétés pharmaceutiques ou aphrodisiaques d’une telle substance ne peuvent-être que limitées sinon nulles. L’empirisme se substitue encore de nos jours à la connaissance, et les cultures peuvent entraîner l’être humain à des déviances ridicules.

Les auteurs de l’article proposent qu’il soit installé un marché libre de la corne de rhinocéros. Celui-ci serait alimenté par des cornes prélevées sur des rhinocéros sauvages endormis (les cornes repoussent après qu’elles aient été sciées). Cette solution intéressante en soi est peut-être plus difficile à mettre en œuvre qu’il n’y parait.

Dans la sélection naturelle, les rhinocéros se défendent en partie grâce à leurs cornes, mais avec la convoitise des êtres humains ces cornes deviennent la cause de leur perte !

* Duan Biggs et al., Science 1er mars 2013, N° 6123, pp. 1038-1039.



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