Réchauffement climatique et aridité

Samedi 26 Avril 2014

Une zone est aride lorsque le déficit hydrique y est tel qu’il ne permet pas le développement de la végétation (excepté quelques cactées ou plantes grasses) et d’une certaine manière la vie animale. Du point de vue géographique, sont arides toutes les zone désertiques de la planète.

Nous percevons depuis quelques années un rallongement des périodes de sécheresse mais aussi des périodes pluvieuses, ces phénomènes temporaires ne permettent pas de dire ce qu’il en est de l’aridité qui est un phénomène de fond. Celle-ci s’est-elle accentuée avec le réchauffement climatique ? Comment peut-on mesurer cette évolution ?

Des chercheurs* ont fait le point sur cette question. Selon eux le meilleur indice pour mesurer l’aridité, est le rapport entre la pluviométrie et le potentiel d’évapotranspiration : P/PET. P est la quantité d’eau de pluie reçue par l’unité de surface du sol, PET est la quantité d’eau évaporée à la fois par la même unité de surface et par la transpiration des plantes qui la recouvrent, cette évapotranspiration pouvant être mesurée à l’aide de lysimètres ou calculée à partir d’équations plus ou moins complexes comme celle de Penman-Monteith.

Sur les océans PET se réduit à l’évaporation, il y a toujours de l’eau disponible qui peut passer à l’état gazeux et la chaleur nécessaire (dite latente) à ce changement d’état contribue à refroidir la surface des mers. Sur terre, dès lors qu’un déficit hydrique s’installe, l’évapotranspiration diminue et ne contribue plus à réduire la température du sol ; le sol s’échauffe, la couche d’air au contact du sol s’échauffe aussi. Elle s’élève par convection et réchauffe les couches supérieures éloignant la vapeur d’eau, provenant de l’évaporation océanique, de son point de saturation ; dès lors elle ne se condensera pas en pluie. Finalement, l’eau dans ses trois états (solide, liquide et vapeur) joue un rôle fondamental dans le maintien de la stabilité du climat.

Des études récentes ont montré que la moyenne du rapport P/PET décroit à mesure que la planète se réchauffe. Des simulations montrent que ce rapport chuterait davantage dans les latitudes tropicales et sub-tropicales ce qui accroîtrait de 10% les surfaces désertiques; en revanche les zones plus septentrionales recevront plus de pluies. Cet accroissement des zones désertiques risque d’induire des déficits alimentaires et entraîner des déplacements de populations. Nous devons prendre conscience que le réchauffement de la planète, dont nous sommes responsables, est un phénomène grave qu’il n’est plus temps d’ignorer.


*S. Sherwood et Quiang Fu, Science 14 février 2014, N°6172, pp. 737-739. 



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