L'agriculture biologique peut-elle faire fi de tous les acquis scientifiques?


Lundi 22 décembre 2008

L’engouement qui s’empare de beaucoup d’entre nous pour l’agriculture biologique est inquiétant car il laisse croire que l’agriculture biologique ne pollue pas, qu’elle est susceptible de nourrir une population humaine toujours croissante et qu’elle peut faire fi de tous les acquis scientifiques qui sont à la base de l’augmentation des rendements.


III ) L'agriculture biologique peut-elle faire fi de tous les acquis scientifiques?
L’agriculture moderne a intégré tous les progrès de la biologie. Elle est devenue une science appliquée. Si, par exemple, elle utilise les engrais minéraux c’est parce que Julius Sachs à montré que les racines des plantes n’absorbent que les sels minéraux solubles et que trois éléments chimiques doivent être nécessairement présents dans la solution sol : l’azote, le potassium et le phosphore, pour assurer l’alimentation des plantes. L’emploi des pesticides s’est imposé dès lors qu’il à fallu assurer une production de plus en plus élevée et régulière pour nourrir une population toujours croissante. Enfin si la révolution verte a fait régresser les disettes dans les pays du tiers monde c’est qu’elle y a introduit, en les adaptant, les méthodes de l’agriculture moderne : variétés plus productives, engrais, pesticides.

Malheureusement la science, qui crée la connaissance, n’en donne pas les règles d’emploi. Ces dernières sont du ressort de la morale. Elle ne peut donc empêcher les abus. L’agriculture moderne a abusé des données scientifiques en pratiquant - pour des raisons économiques - ses interventions aux limites des lois biologiques. Ce faisant elle pollue. Elle pollue par les excès d’engrais, par les excès de pesticides, elle crée autour d’elle un milieu vivant appauvri.

La sagesse est dans la voie moyenne, celle proposée par « l’agriculture raisonnée » qui se veut respectueuse de l’environnement et des êtres humains. Elle s’appuie sur la connaissance scientifique pour obtenir des rendements optima et non maxima. Elle utilise avec parcimonie les engrais et les traitements en ciblant le moment où leur efficacité est meilleure.

Alors elle pourra continuer à nourrir les êtres humains sans trop dégrader le reste du monde vivant.




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